Vénérable Phra Ajarn Prasot Piyathammo
« Héritier de la lignée de Khao O, maître des sciences occultes »

Origines et jeunesse
Phra Ajarn Prasot Piyathammo, dont le nom civil est Sut Khongrit, est né le jeudi 19 octobre 1965 à Huai Lut, un petit village du district de Huai Yot, dans la province de Trang, au sud de la Thaïlande. Ses parents étaient agriculteurs et cultivateurs de caoutchouc.
Dès son plus jeune âge, ses parents veillèrent à ce qu'il reçoive une éducation soignée. Il fréquenta l'école primaire Baan Thung To dans le district de Huai Yot, tout en résidant au Wat Nai Tao auprès du vénérable Luang Phor Saeng Thammasaro (1907-1995), alors moine principal du temple et maître reconnu de la lignée ésotérique de Khao O, de la province de Phatthalung, l'une des traditions de savoir occulte bouddhiste les plus respectées du sud de la Thaïlande. Luang Phor Saeng était lui-même une figure spirituelle d'envergure exceptionnelle, dont la renommée s'étendait bien au-delà de Trang, jusqu'aux provinces de Phatthalung, Nakhon Si Thammarat, Krabi, Phuket et Songkhla, et même jusqu'en Malaisie et à Singapour. Cette proximité permit au jeune Prasot d'absorber très tôt un enseignement spirituel et mystique approfondi, au contact d'un maître lui-même héritier d'une longue chaîne de transmission ésotérique. Il acheva ensuite sa scolarité au collège de Huai Yot jusqu'en classe de troisième.
Le vénérable Phra Ajarn Prasot


Ordination et formation monastique
En 1986, à l'âge de vingt ans accomplis, il entra dans les ordres lors d'une cérémonie d'ordination (upasamphot) tenue au phatthasima du Wat Huai Yot, sous la direction du vénérable Phra Khru Nimit Sangkhakhun, doyen du district. Moine studieux et déterminé, il prépara et réussit les examens de Dhamma au niveau le plus élevé (Nak Tham Ek).
Il convient de noter que dès son noviciat au Wat Huai Yot, il accompagnait déjà Luang Phor Saeng lors des grandes cérémonies de consécration, notamment aux rituels de Jatukham Rammathep organisés au sanctuaire principal de Nakhon Si Thammarat dès 1987, forgeant ainsi très tôt une connaissance intime des grands rituels de consécration collective.
Après cette formation initiale, il prit congé de son maître d'ordination pour entreprendre une longue période de dhutanga (thudong), pérégrination ascétique le conduisant à travers tout le pays, à la recherche des plus grands maîtres de son époque.


Retour au Wat Nai Tao et abbatiat
En 1995, le très vénérable Luang Phor Saeng s'éteignit, laissant le Wat Nai Tao progressivement à l'abandon. Faute de moine permanent (plusieurs se succédèrent sans pouvoir s'y établir durablement), le temple faillit tomber en déshérence. En 1997, Phra Ajarn Prasot revint s'établir au Wat Huai Yot, et les habitants du village, le reconnaissant comme le disciple le plus proche de Luang Phor Saeng et lui vouant la même vénération populaire, l'invitèrent solennellement à prendre la tête du Wat Nai Tao. Il en devint officiellement l'abbé en 2001 et le demeure jusqu'à ce jour.
Bien que son nom monacal exact soit Suti, ses disciples et fidèles ont pris l'habitude de l'appeler Phra Ajarn Prasot ; ceux des provinces éloignées lui accordent volontiers le titre affectueux de Luang Phor Prasot. Sa renommée s'étend aujourd'hui bien au-delà de Trang, rayonnant sur les provinces de Nakhon Si Thammarat, de Phatthalung et sur l'ensemble des régions avoisinantes.
Sa célébrité est telle qu'il est désormais convié en qualité de maître consacrant lors des grandes cérémonies de Phuttaphisek organisées à travers toute la Thaïlande. Il lui arrive également d'être invité par la Royal Thai Air Force pour bénir des appareils militaires. Par ailleurs, le Wat Nai Tao est devenu l'un des trois lieux de référence, avec le sanctuaire principal de Nakhon Si Thammarat et le Wat Khao O de Phatthalung, pour la consécration des amulettes Jatukham Rammathep dans le sud du pays. C'est en ce lieu que sont créées les amulettes réputées les plus puissantes, façonnées par le maître et ses collaborateurs Ajarns, gardiens d'une Wicha thaï authentique, en présence de moines officiant aux récitations des prières sacrées.


Maîtrise des arts sacrés et objets de dévotion
Le vénérable Phra Ajarn Prasot est reconnu comme un expert rare dans la confection des hoon payon, effigies animées du rituel thaï pouvant revêtir une forme masculine ou féminine, ainsi que dans la création d'amulettes issues de la science ésotérique jettaphut, un savoir magique particulièrement rare lié aux poudres sacrées et aux cendres d'ossements, qui suscite aujourd'hui un intérêt croissant auprès de ses disciples.
Toutes ces créations sont produites en très petites séries, fabriquées directement au temple avec ses collaborateurs ajarns les plus expérimentés. Ses amulettes sont très recherchées et atteignent des prix élevés ; beaucoup de détenteurs refusent d'ailleurs de s'en séparer.


Le temple et l'affaire du lek lai
Le Wat Tham Phra Phuttha Khosit, fondé en 1660, est l'un des temples les plus anciens et les plus sacrés de la province de Trang. Il abrite trois bouddhas de l'époque du royaume de Srivijaya : le Phra Phuttha Khosit, le Phra Thammaruji et le Phra Si Kraisorn, ce dernier, le plus grand, enchâssé dans la grotte, ayant donné son nom au temple. Ces statues sont réputées pour leur grande puissance spirituelle.
La grotte du temple était de longue date réputée renfermer du lek lai, une substance vivante aux propriétés magiques selon la tradition ésotérique thaï, enfouie depuis des siècles dans ses entrailles. Des fouilles clandestines répétées causaient des dommages croissants au site. Le vénérable Phra Ajarn Prasot fit procéder à une extraction officielle, par une cérémonie ritualisée, d'environ quatre cents kilogrammes de cette substance sacrée, qu'il fit ensevelir sous le socle du Bouddha principal de l'ordination afin de mettre fin aux pillages et de protéger l'intégrité de la grotte. Une partie de ce lek lai fut ensuite utilisée pour créer des amulettes sacrées, façonnées en quantités très limitées selon des formes jusqu'alors inédites ; beaucoup demeurent introuvables sur le marché.

Wat Tham Phra Phuttha Kosit (Wat Nai Tao)
Le Wat Nai Tao reste aujourd'hui un lieu de pèlerinage vivant et actif. Phra Ajarn Prasot Piyathammo demeure l'une des figures les plus respectées du bouddhisme ésotérique du sud de la Thaïlande, héritier d'une lignée spirituelle exigeante et gardien d'un patrimoine sacré pluriséculaire.
Il convient de souligner que le vénérable Phra Ajarn Prasot n'est pas systématiquement désigné par le titre de Luang Phor, habituellement attribué aux moines dont la renommée repose principalement sur la pureté de leur vie contemplative et l'enseignement du Dhamma. Sa spécialité, les sciences occultes de la magie rituelle pure et la confection d'objets sacrés à forte puissance ésotérique, le situe dans une tradition parallèle et complémentaire du bouddhisme thaï : celle des maîtres de la Wicha, dont l'autorité peut reposer à la fois sur la sainteté monastique et sur la maîtrise d'un savoir magique rare et redoutable, transmis de génération en génération au sein de lignées secrètes telles que celle de Khao O. Certains maîtres exceptionnels incarnent en effet ces deux dimensions, alliant profondeur contemplative et puissance ésotérique.
Une sagesse profondément bouddhiste — l'interdépendance, le paṭicca-samuppāda — rien n'existe ni ne s'accomplit de manière isolée.