Le vénérable Lersi Sompit
maître des sciences occultes
Le vénérable Lersi Sompit, figure respectée du bouddhisme thaï et des traditions de sciences sacrées, est né le 5 janvier 1954 à Ban Phu Nam Thip, village du district de Khok Samrong de la province de Lopburi. À cette époque, les écoles étaient rares dans les zones villageoises ; ses parents confièrent donc le jeune Sompit aux moines du Wat Phu Nam Thip afin qu’il reçoive son éducation.
Au Wat Phu Nam Thip se trouvaient également deux laïcs âgés du village, profondément engagés dans la pratique spirituelle. Ils observaient strictement les préceptes, pratiquaient la méditation et la vipassana, et jouaient un rôle essentiel en encourageant tous les villageois à participer à la vie religieuse du temple. Grâce à leur présence et à leur enseignement, le jeune Sompit put étudier le thaï, le pali, ainsi que diverses incantations et formules magiques, en particulier l’Itipiso Ratnamala (texte bouddhique ésotérique d’origine khmère), qu’ils lui transmirent avec bienveillance. Il étudia d’anciens manuscrits sur feuilles de palmier ayant appartenu à son grand-père, réputé de son vivant pour être un magicien exceptionnel.
L’enfance : apprentissages et transmissions secrètes
Novice à l’âge de 14 ans, il fut formé par un moine errant venu du Nord-Est, qui lui enseigna une ancienne technique permettant d’inviter certains esprits de la mythologie thaïe afin d’y révéler des paroles ou des incantations d’une grande importance. Il étudia aussi le Dharma de vérité et de pratique juste d’Ermite, un ensemble de pratiques ascétiques exigeant notamment de ne pas se couper les cheveux pendant au moins trois ans, sous peine, disait-on, de sombrer dans la folie, de ne pas s’appuyer contre un mur ou un pilier durant sept ans, de s’abstenir de manger de la viande crue et d’alcool et d’observer de nombreuses autres règles pour atteindre l’éveil. Le jeune novice Sompit était même capable de communiquer avec son maître spirituel sans jamais l’avoir rencontré physiquement.
Ordination et premiers pèlerinages
À l’âge de 20 ans, soit le 2 juillet 1974, il fut ordonné moine sous le nom de Yanasophi au Wat Tham Thong (aujourd’hui Wat Tham Sittharam), situé dans la province de Lopburi, district de Tha Luang, un temple également connu pour sa grotte sacrée. Son ordination fut présidée par le vénérable Luang Phor Dam Paphassaro (Phra Khru Wimolthamarat) du Wat Khiri Nakorn Ratanaram de Lopburi.
Il résida ensuite au Wat Phu Nam Thip, son temple natal. Durant cette première année de résidence, il rencontra Ajarn Khom de Sing Buri, venu en visite au temple. Une profonde amitié naquit entre eux, et ils décidèrent d’entreprendre ensemble un pèlerinage ascétique (tudong) à travers les régions du Nord, du Nord-Est, du Centre et du Sud de la Thaïlande. Leur objectif était de recevoir les enseignements de nombreux maîtres, moines errants et ermites rencontrés en chemin. Ils étudièrent notamment l’art de la bienveillance, de la popularité (Metta Mahaniyom) et le Dharma nonuple auprès de Luang Phor Mum du Wat Prasat Ye Nuea de la province de Si Saket.


Quinze années de vie ascétique
Le vénérable Lersi Sompit poursuivit ensuite seul plus de quinze années de vie ascétique, parcourant la Thaïlande pour apprendre auprès de maîtres de la forêt, d’ermites et d’experts en magie khmère, laotienne, birmane et thaïe. Il étudia notamment auprès de maîtres renommés tels que LP Chah du Wat Nong Pa Phong (province d’Ubon Ratchathani), LP Khao Analayo du Wat Tham Klang Phel de la province de Nong Bua Lamphu, Kruba Inthachak du Wat Tham Khuha Sawan ainsi que plusieurs ermites du Nord.
Au fil de ses voyages, il acquit une vaste connaissance des mantras, pratiques et magies diverses, astrologiques et arts sacrés traditionnels, transmis uniquement à des disciples jugés dignes. En 1989, il quitta la vie monastique pour devenir ermite (Ruesi) et entreprit de longs parcours de dhutanga (thudong), marchant à travers forêts profondes, grottes isolées et montagnes reculées afin d’approfondir sa discipline ascétique. Cette vie d’errance sacrée, rythmée par la méditation et les retraites solitaires, façonna son savoir et son autorité spirituelle avant qu’il n’établisse finalement son propre ashram.
Ermitage de la province de Pathum Thani
Reconnu dans tout le pays thaï, le vénérable Lersi Sompit, expert en sak yant, fut invité à de nombreuses cérémonies de consécrations. Il réalisa également plusieurs séries d’amulettes, devenues emblématiques de son lignage et très recherchées par les collectionneurs. Ces amulettes, produites à différentes périodes de sa vie, témoignent de son style rituel propre et de la continuité de la tradition ruesi. En 1999, il participa à un grand rassemblement international d’ermites à Bangkok, où il démontra certaines de ses capacités surnaturelles en restant assis sans être affecté dans une marmite remplie d’huile posée sur un feu vif.


Le vénérable Lersi Sompit portait souvent plusieurs malas autour du cou, utilisés quotidiennement pour ses prières et méditations. Il appréciait particulièrement ceux réalisés par de grands moines, maîtres ou lersis, et il expliquait aimer utiliser et porter différents malas pour fortifier l’esprit et maintenir une pratique régulière. Certains de ses malas pouvaient peser près de 1 kg, fabriqués dans des bois asiatiques extrêmement denses. Il en était un fin connaisseur, et tous ceux qui l’ont côtoyé le savaient.
Son passage vers le Nirvana
Il s’est éteint en 2021, rejoignant la paix du Nirvana selon la tradition et l’enseignement de ses maîtres, après avoir consacré sa vie à aider fidèles et villageois grâce à ses rituels, bénédictions, pratiques spirituelles diverses, attirant ainsi des disciples venus de toute l’Asie.

Amulettes & Talismans

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