Vénérable LP Nen Kaew Khampiro
« Celui dont la patience est ardente »

Le vénérable Luang Phor Nen Kaew Khampiro est né le 24 juin 1980, un mardi à midi, sous un soleil éclatant qui baignait le village de Non Sawan, dans le district de Phon Thong (province de Roi Et, Thaïlande). Dernier-né d’une fratrie de quatre enfants, il grandit au sein d’une famille aimante, entouré de son père Sunthorn et de sa mère Nuan Anantaphak. Dès son plus jeune âge, il se distingue par un tempérament vif, joyeux et naturellement lumineux. Son intelligence précoce, sa curiosité et sa douceur lui valent l’affection de tous ceux qui croisent son chemin.
Vénérable LP Nen Kaew Khampiro
Destin et vocation
À l'âge de 6 ans, il entre normalement à l'école, menant la vie ordinaire d'un enfant de son âge. Mais à 7 ans, un événement inattendu vient bouleverser le destin de sa famille : le jeune Ekknarın tombe gravement malade, sans cause apparente. Ses parents mobilisent toutes les ressources possibles pour le soigner, ils le confient d’abord à la médecine moderne, sans la moindre amélioration. Ils se tournent ensuite vers la médecine traditionnelle, puis désemparés vers divers rituels ésotériques, espérant un signe, un changement, un mieux. Mais rien n’y fait : l’enfant demeure dans un état critique, et l’inquiétude grandit chaque jour davantage.
C’est alors que la providence semble veiller sur lui. Un moine itinérant, de passage dans le village, fait halte à Non Sawan. En croisant les parents, visiblement éprouvés par la maladie mystérieuse de leur enfant, il s’arrête, observe longuement le jeune Ekknarin, puis s’adresse à eux avec une assurance calme et profonde : « Cet enfant est placé sous la protection de l'esprit du Grand Maître Ermite aux Yeux de Feu (Phra Pu Ruesi Ta Fai). Il faut dresser un autel du Maître (khan hâ) afin d'accueillir en lui la puissance de cet ermite. » Étonnés mais portés par un dernier espoir, les parents s'exécutent et, sitôt le rituel accompli, l'enfant recouvre la santé et retrouve toute sa vitalité.
Les manifestations de Phra Pu Ruesi Ta Fai
Mais quelque chose a changé en lui, il est désormais différent des autres enfants, il reçoit en même temps que la guérison un don de prémonition, annonçant régulièrement à son entourage des événements à venir qui se réalisent invariablement. C'est également dès ce moment que les premières manifestations de Phra Pu Ruesi Ta Fai se produisent à travers lui puisque l'esprit de l'ermite commence à se manifester à travers le corps du jeune enfant.
C'est depuis ce jour que plusieurs témoins voient soudainement cet enfant se courber et marcher comme un vieillard lorsque l'esprit de l'ermite se manifeste à travers lui. Frappés par ce phénomène troublant, les villageois se mettent à l'appeler affectueusement « le petit novice au joyau », un surnom qui, avec le temps et l'appel irrésistible du monastère, deviendra son nom de toute une vie. Dès lors, il voue un intérêt profond pour le Dharma, la méditation et les sciences ésotériques, passant ses heures libres auprès des moines des temples voisins.
Ayant achevé le niveau de troisième année primaire à l'âge de 9 ans, le jeune Ekknarın fait la rencontre de Luang Phor Chit Thammapanyo, un moine en errance (thudong) installé dans la forêt proche du village pour y pratiquer la méditation. L'enfant lui demande de lui enseigner la méditation et, jour après jour, il ne quitte plus le moine, au point que celui-ci devient naturellement son premier guide spirituel. C'est ainsi que, d'un commun accord entre les parents et le moine, le jeune Ekknarın est autorisé à suivre Luang Phor Chit dans son pèlerinage.
C'est le début d'une longue séparation : il ne reverra ses parents qu'à l'âge de 18 ans.
À son arrivée au Wat Tham Faet, dans la province de Kanchanaburi, le jeune Ekknarın est conduit auprès de Luang Phor Samrit, moine du temple, qu'il découvre en train d'officier le Phithi Sao Nam Ta Thian qui est un ancien rituel Lanna des larmes de bougie. Fasciné et silencieux, il observe ce maître tirer avec une précision remarquable un fin fil de cire fondue depuis un bol d'eau bénite, l'enrouler délicatement autour de la tête du fidèle en récitant ses incantations. Chaque geste, chaque détail de cette cérémonie de purification se grave instantanément dans la mémoire du jeune garçon. Luang Phor Chit confie alors le jeune Ekknarın aux soins de Luang Phor Samrit, avant de poursuivre son propre chemin.
Désormais sous la conduite et la responsabilité de Luang Phu Samrit, celui-ci décide de faire rencontrer au jeune Ekknarın des maîtres importants de ses connaissances, afin qu'il puisse découvrir et s'imprégner des différentes traditions ésotériques de ces vénérables. Confiant la gestion du Wat Tham Faet aux moines du temple le temps de ce périple, Luang Phu Samrit guide ainsi le jeune garçon de temple en temple, ouvrant devant lui les portes d'un enseignement aussi rare que précieux.
Ils se rendent d'abord au Wat Nong Chok, dans la province de Prachuap Khiri Khan, pour rendre hommage au célèbre Luang Phor Yit. Durant ce voyage, Luang Phor Samrit enseigne assidûment la méditation au jeune Ekknarın. Une fois au temple, tandis qu'il s'acquitte de ses tâches de service auprès des moines, il saisit chaque occasion pour observer en silence la méthode de consécration des amulettes palad khik, notamment la technique permettant de faire tournoyer ces amulettes dans un bol à aumônes, gravant soigneusement chaque détail dans sa mémoire. Trois semaines plus tard, ils reprennent la route.

L'apprentissage itinérant
Ils se dirigent au Wat Krok Phra, dans la province de Nakhon Sawan, où ils font la rencontre de Luang Phor Panya, moine spécialisé dans la confection de couteaux rituels (Meedh Mor), d'épées et de sceptres cérémoniels. Comme à son habitude, le jeune Ekknarın observe et mémorise intégralement les techniques de ce maître. Toujours dans cette même province, ils se dirigent ensuite au Wat Nong Tangu pour rendre visite au vénérable Luang Pu Phimpha, auprès de qui il apprend pendant un mois la technique de confection du nok thet, l'oiseau talismanique protecteur.
Ils rejoignent le très vénérable Luang Phor Phae au Wat Phikun Thong, province de Sing Buri, où le jeune Ekknarın aide les disciples du maître à confectionner les amulettes Phra Somdej Sai Rung, formule exclusive de ce maître, tout en pratiquant la méditation pendant un mois. Il se rend ensuite auprès du vénérable Luang Phor Charan au Wat Ampwan, également à Sing Buri, pour approfondir sa pratique du vipassana pendant un autre mois, ces temples n'étant jamais bien éloignés les uns des autres.
Toujours en compagnie du vénérable LP Samrit, ils poursuivent leur route vers Bangkok et arrivent au Wat Sutthawat (Wat Mai Ta Sut), où "le jeune Ekknarın, celui qui deviendra Luang Phor Nen" se met au service du vénérable Luang Phor Pramane, maître d'une grande sagesse et renommé pour sa technique de guérison par immersion des pieds dans l'huile sacrée. Ne pouvant obtenir un enseignement direct puisque le maître le juga trop jeune pour apprendre cette technique complexe, alors il lui demande simplement d'observer et de mémoriser en silence.

L'apprentissage de l'esprit
Deux mois plus tard, ils reprennent la route pour aller au Wat Chantharam (Wat Tha Sung) dans la province d'Uthai Thani, pour se placer sous la direction du vénérable Luang Phor Phra Maha Weera Thavaro, plus connu sous le nom de Luang Pu Ruesi Ling Dam, moine du temple et éminent dans les arts de la méditation samatha et vipassana. Quant au vénérable Luang Phor Samrit, ayant accompli sa mission, prend alors congé du jeune Ekknarın et reprend le chemin du Wat Tham Faet.
Le maître du Wat Chantharam lui transmet la technique du Manomayitthi, un entraînement de l'esprit permettant de percevoir par soi-même les royaumes des enfers, des cieux, du monde de Brahma et du Nibbana. Après trois mois de pratique intensive, il acquiert une base solide de cet enseignement. Il nourrissait le désir de prendre les ordres auprès de lui, mais le destin en décida autrement : Luang Pu Ruesi Ling Dam s'éteignit le 30 octobre 1992, avant que ce vœu puisse se réaliser.

L'ordination comme novice (samanera) — 1992
Peu après le décès de Luang Pu Ruesi Ling Dam, le jeune Ekknarın, âgé de 12 ans, se rend dans la province de Nakhon Phanom. Un laïc de cette province, touché par la situation de ce jeune garçon errant, le prend sous son aile et le conduit auprès du très vénéré Luang Pu Kham Phan Khosapanyo du Wat Phra That Mahaichai, district de Pla Pak. Celui-ci l'accepte comme disciple et lui confère l'ordination de novice (buat nen) en 1992, devenant ainsi son premier précepteur.
Après un mois de pratique du vipassana et l'apprentissage des techniques de consécration des objets sacrés, il reprend son bâton de pèlerin et part en direction du district de Laem Sing, province de Chanthaburi, rendant hommage au passage à Luang Phor Somchai du Wat Khao Sukim, avant de revenir passer la saison des pluies au Wat Ko Kaew Ampawan, district de That Phanom, Nakhon Phanom.
Les voyages en Birmanie, au Cambodge et au Laos
À la fin du carême bouddhique, animé par la curiosité et une soif de connaissance, le novice Ekknarın repart en errance vers la Birmanie, par la voie des Trois Pagodes. Il y rencontre le vénérable Luang Phor Chetdo, moine birman spécialiste dans la neutralisation des sortilèges et la levée des malédictions, auprès duquel il étudie pendant deux mois les sciences ésotériques birmanes.
De retour en Thaïlande, après une période de révision et de consolidation de ses acquis, il part en direction du Cambodge, vers Angkor Vat, à la recherche de nouveaux maîtres. Il y rencontre Ajarn Mong, laïc hautement respecté dans la région d'Angkor, expert en de nombreuses disciplines : philtres d'amour et charmes (Maha Sané), protection et invulnérabilité (Klaew Khlat), neutralisation des sorts, confection d'eau bénite aux fleurs de lotus, fabrication et consécration d'automates magiques (Hoon Payon), d'esprits-enfants (Kuman Thong) et de l'oiseau Salika. C'est auprès de ce maître, alors âgé de 14 à 15 ans, qu'il reçoit également l'enseignement du tatouage sacré Salika. Après trois mois d'étude intense, il maîtrise l'ensemble de ces enseignements — dont la célèbre Salika Pak Di (incantation de l'oiseau à la parole bienveillante), qui deviendra l'une de ses spécialités les plus reconnues.
Les transmissions sacrées
Il se dirige ensuite vers la province d'Ubon Ratchathani pour se placer sous la direction de Luang Pu Phromma Khemajaro de la grotte de Hin Pha Nang Khoi, district de Si Mueang Mai. Ce maître lui transmet deux précieuses transmissions ésotériques : les Duang Tham 84 000 Phra Tham Kha qui est l'essence lumineuse des 84 000 enseignements du Bouddha condensés en une énergie intérieure, ainsi que les Duang Tham Pho Pu Ruesi qui est la sagesse ancestrale de la lignée des ermites, transmise de maître à disciple depuis des temps immémoriaux.
C'est là qu'il fait la connaissance de Phra Ajarn Khian, qui l'invite à l'accompagner jusqu'à la grotte Tham Ki, dans les montagnes de Phu Khao Khwai, au Laos. Ce territoire réputé sacré et redouté est un haut lieu de la méditation et des sciences occultes laotiennes, on dit que celui qui en maîtrise les enseignements est reconnu comme un authentique expert des sciences ésotériques.
À son arrivée, Phra Ajarn Kham Thammawo sort de sa grotte, accueille ce jeune venu et lui demande : « Qu'est-ce qui vous amène, jeune novice ? » Après les présentations, et sans attendre davantage, il le soumet à une épreuve : passer la nuit seul dans la grotte, face aux deux preta (esprits affamés) qui la gardent. Le novice, sans manifester la moindre crainte, puise dans les enseignements reçus auprès de Luang Pu Phromma Khemajaro, mobilise sa méditation et irradie l'amour bienveillant (metta) vers ces esprits, qui disparaissent aussitôt. Au matin, le maître déclare avec satisfaction : « C'est ainsi que l'on devient mon disciple. »
Il lui transmet alors l'ensemble des enseignements de la lignée de Samret Lun de Ban Woen Sai, province de Champassak, au Laos, un grand maître du Dharma et auteur de nombreux traités de sciences ésotériques et de médecine par les plantes. En trois mois seulement, le novice Ekknarın maîtrise l'ensemble de ces enseignements.
Le retour au pays natal
Bien que séparé de ses parents depuis l'âge de 9 ans, ceux-ci n'avaient jamais cessé de veiller sur lui de loin, suivant discrètement sa trace au fil de ses pérégrinations. C'est en 1998, alors qu'il a 18 ans, qu'ils le retrouvent à Nakhon Phanom, dans le nord-est de la Thaïlande, après neuf longues années de séparation. Heureux de le retrouver en bonne santé et épanoui, ils lui demandent de rentrer dans sa province natale pour contribuer au développement du bouddhisme local et à l'éveil moral d'une communauté en attente d'un guide spirituel. Touché par cet appel et profondément reconnaissant envers ses parents et sa terre natale, il accepte et s'installe au Wat Phra That Upamong, district de Phon Thong, province de Roi Et.
L'ordination monastique
À l'âge de 20 ans, Luang Phor Nen reçoit l'ordination en tant que moine (bhikkhu), lors d'une cérémonie solennelle qui se déroule le 5 juillet 2000 dans un sim sur l'eau, un monastère flottant selon la tradition isan. Une ordination sous la direction de Phra Khru Chantasuwan Khun (Luang Pu Kham Pan Chantachoto) du Wat Pa Non Sawan, province de Roi Et. Ce dernier lui confère le nom canonique de « Khampiro » qui signifie « celui qui est profond dans le Dharma ». C'est également ce jour que s'achève la période des manifestations physiques de Phra Pu Ruesi Ta Fai à travers lui, mais le lien spirituel avec l'ermite demeure profondément ancré en lui.

Maîtres et lignées spirituelles
Au fil de ses années de formation, Luang Phor Nen Kaew Khampiro a reçu des enseignements d'un nombre exceptionnel de maîtres, constituant une formation des plus rares en Thaïlande :
Lignée thaïlandaise : Luang Phor Chit Thammapanyo · Luang Phu Samrit (Wat Tham Faet, Kanchanaburi) · Luang Phor Yit (Wat Nong Chok, Prachuap Khiri Khan) · Luang Phor Panya (Wat Krok Phra, Nakhon Sawan) · Luang Pu Phimpha (Wat Nong Tangu, Nakhon Sawan) · Luang Phor Pramane (Wat Sutthawat, Bangkok) · Luang Pu Phae (Wat Phikun Thong, Sing Buri) · Luang Phor Charan (Wat Ampwan, Sing Buri) · Luang Pho Phra Maha Weera Thavaro dit Luang Pho Ruesi Ling Dam (Wat Chantharam, Uthai Thani) · Luang Pu Kham Phan Khosapanyo (Wat Phra That Mahaichai, Nakhon Phanom) · Luang Phor Somchai (Wat Khao Sukim, Chanthaburi) · Luang Pu Bua Temio (Wat Lak Sila Mongkhon) · Luang Pu Uttama (Wat Wang Wiwekaram, Kanchanaburi) · Luang Pu Sruang · Luang Pu Sawai (Wat Pridararam, Nakhon Pathom) · Luang Phor Poen (Wat Bang Phra) · Luang Pu Khian (Wat Ban Nok Ho, Nakhon Phanom) · Luang Pu Lom (Wat Pa Mettadhamma) · Luang Pu Kham Bu (Ubon Ratchathani) · Phra Ratchasumethi (Wat Phu Tum, Loei — lignée de Luang Pu Chob Thanasamo) · Khruba Jao Duang Di (Wat Tha Champi, Chiang Mai) · Luang Pu Fongphali Thammaworao (Loei) · Luang Pu So Khantiko (Wat Phosi, Nakhon Phanom) · Luang Pu Mi Thitasaro (Wat Phon Thong, Surin) · Luang Pu Khi Kittiyanano (Wat Sri Lam Yong, Surin) · Luang Pu Mongkhon (Wat Khao Dat Spawong, Surin) · Luang Pu Chim (Wat Pa Jao Wae, Si Sa Ket) · Luang Pu Thin Chanthammo, 105 ans (Wat Khon Sai, Yasothon) · Phra Ratchasitthi Mongkhon (Wat Kharuhabodi, Bangkok) · Luang Pu Mun (Wat Somsri, Khon Kaen) · Luang Pu Thaweesak (Wat Wong Sawatthanaram, Khon Kaen) · Luang Pu Saeng (Wat Sumangkhala Ram, Khon Kaen) · Luang Pu Phromma Khemajaro (Wat Hin Pha Nang Khoi, Ubon Ratchathani)
Lignée étrangère : Ajarn Mong (Angkor, Cambodge) · Luang Phor Chetdo (Birmanie) · Phra Ajarn Kham Thammawo — lignée de Samret Lun (grotte Tham Ki, Phu Khao Khwai, Laos) · Luang Pu Janti Thikawuttho, 108 ans (Wat Khom Sela, Luang Prabang, Laos)


Domaines d'expertise et enseignements reçus
La formation globale et assidue de Luang Phor Nen Kaew Khampiro couvre un spectre extraordinairement vaste, faisant de lui l'un des rares moines de Thaïlande à maîtriser conjointement les traditions birmane, laotienne et khmère :
Méditation samatha et vipassana · Transmission du Manomayitthi — perception des plans cosmiques, reçue de Luang Pu Ruesi Ling Dam · Confection et consécration des amulettes selon ses connaissances ésotériques · Sciences ésotériques birmanes, laotiennes et khmères · Neutralisation des sortilèges et levée des malédictions · Tatouage sacré (sak yant) — appris par observation au Wat Bang Phra, complété par les incantations d'Ajarn Mong · Insufflation de l'or sacré (Pao Thong) — lignée de Luang Pu Sawai · Guérison par l'huile sacrée — lignée de Luang Phor Pramane · Rituels d'invulnérabilité et de protection · Sciences ésotériques de la lignée Samret Lun du Laos · Rites de longue vie (Sueb Chata) selon la tradition Lanna · Médecine par les plantes — lignée de Luang Pu Phromma Khemajaro
La connexion avec les Nāgas
Le vénérable LP Nen Kaew Khampiro possède une connexion spirituelle exceptionnelle avec les Nāgas, de puissants génies des eaux, gardiens du fleuve Mékong et de ses trésors sacrés. Très peu de maîtres bouddhistes ont le privilège d'entrer en communion profonde avec ces esprits de la nature. Par de longues méditations projetées dans le Royaume des Nāgas, il a su canaliser leurs énergies, qui imprègnent nombre de ses amulettes d'une force particulière reconnue par ses disciples. Cette connaissance rare et précieuse, il la partageait avec le très vénérable Luang Phor Sor Khantiko du Wat Pho Si, un maître qu'il connaissait bien et dont la communion avec les Nāgas était elle aussi profondément établie.



Fondation des lieux de résidence et d'enseignement
De retour dans sa province natale, le vénérable Luang Phor Nen Kaew Khampiro se consacre pleinement au développement du bouddhisme et à l'éducation morale de ses concitoyens. Ses parents, heureux de l'accueillir après de si longues années, lui offrent un terrain de 6 rai et 3 ngan (environ 10 800 m²), sur lequel il fonde le Samnak Song Ban Kaset Thung Setthi, nommé l'Ermitage de Ban Kaset Thung Setthi ou encore le Bureau de moines" établi au hameau Ban Kaset, sous-district de Waeng, district de Phon Thong, province de Roi Et, à compter de février 2006. Ce lieu est entièrement construit grâce à la dévotion et aux offrandes de ses disciples.
En 2012, il est nommé moine référent du Wat Udom Phraison (Wat Pa Ban Plueai), sous-district de Rob Mueang, district de Mueang, province de Roi Et. Il projette notamment la construction d'un grand Phaya Nak (serpent sacré Nāga) et d'un pavillon dédié aux Nāgas qui à ce jour est complètement achevé. Ces œuvres, à la fois architecturales et symboliques, témoignent de son profond engagement envers les traditions ésotériques du bouddhisme theravāda.
Rayonnement mondial et œuvre ésotérique
Aujourd'hui, le vénérable Luang Phor Nen Kaew Khampiro est reconnu comme l'un des maîtres bouddhistes les plus respectés de Thaïlande pour ses connaissances approfondies dans les sciences magiques khmères. Ses amulettes sont devenues très populaires en Asie, notamment en Malaisie, à Singapour, à Hong Kong, à Taïwan et en Chine, mais également dans le monde entier, pour leurs pouvoirs reconnus de Maha Sané (charme et séduction) et Maha Lalay (popularité et attraction).
Parmi ses créations les plus célèbres figurent inévitablement les bagues de pouvoir, les amulettes Salika Pak Di (l'oiseau enchanteur à la parole bienveillante), les Hoon Payon (automates magiques), les Kuman Thong, ainsi que ses fameux baumes, crèmes Kee Phueng et huiles de charme aux puissants pouvoirs d'attraction. Autant de créations dont la renommée dépasse aujourd'hui les frontières et dont les connaisseurs du monde entier reconnaissent la puissance et l'authenticité des effets reçus.
La lignée spirituelle de Phra Pu Ruesi Ta Fai
Le vénérable LP Nen est reconnu comme un canal vivant de la lignée du Grand Ermite aux Yeux de Feu (Phra Pu Ruesi Ta Fai). En certaines occasions appropriées, notamment lors des cérémonies d'hommage aux maîtres Wai Kru, l'esprit de Phra Pu Ruesi Ta Fai se manifeste à travers sa personne pour guider et protéger ses disciples. Cet ermite divin est réputé pour ses pouvoirs redoutables : si son troisième œil venait à s'ouvrir, tout ce qui se trouve devant lui serait instantanément consumé. De caractère direct et à la voix forte, cet esprit est néanmoins profondément bienveillant, généreux et secourable envers ceux qui souffrent. C'est pourquoi la tradition ancienne évite de le représenter avec un troisième œil ouvert sur le front, une précaution que certaines représentations modernes, par méconnaissance, ne respectent malheureusement pas toujours.
La Résolution et la Vertu
Le vénérable Luang Phor Nen Kaew Khampiro est d'une grande sagesse, humble et d'une gentillesse naturelle avec tous ceux qui l'approchent. Il enseigne avant tout à ses disciples la voie de la vertu et de la pratique authentique du bouddhisme : fréquenter le temple, respecter les préceptes, écouter le Dharma et pratiquer la méditation. Il ne s'oppose pas à la dévotion envers les objets sacrés, considérés comme supports légitimes sur la voie, mais pose une condition absolue : « Les amulettes sont interdites aux personnes malveillantes — elles ne produiraient aucun effet. »
Sa résolution profonde, qui guide chacun de ses actes depuis ses années d'errance jusqu'à aujourd'hui, se résume en ces mots : « Puisque nous sommes nés, nous devons nous élever vers le bien. Comme nous devons mourir, laissons dans le bouddhisme un héritage de vertu. »